Bonus - Les aventures de Jol en Morthebois
- 1 nov. 2023
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Dernière mise à jour : 27 févr.
Partie 1 - Voyage

Un grand sourire était peint sur le visage de Jol, tandis qu’elle préparait ses bagages. L’idée de partir pour Morthebois lui donnait des ailes. Voilà si longtemps qu’elle n’avait pas voyagé en chariot avec son père !
C’était pour cela que, même si la raison de leur départ était d’une tristesse infinie, Jol était euphorique. Elle chargea ses bagages dans le chariot, tout en s’exclamant :
« Je suis prête ! On peut y aller ! »
Élan releva la tête et fixa le petit chat blanc qui trônait sur la tête de sa fille, un mélange de crainte et de désespoir dans le regard.
« Ne me dis pas que tu prends ton chat avec toi…
– Bien sûr que Nivis vient avec nous ! Je ne la laisserais pas derrière moi.
– Jol. J’avais dis oui pour embarquer ma fille, pas son chat.
– L’un ne va pas sans l’autre ! Allez, papa, s’il te plaît ? »
Élan soupira, tandis qu’Alda, non loin, ne put s’empêcher de glousser.
« Ce n’est pas juste. » grommela-t-il. « Ta mère aurait pu s’en occuper.
– Nivis a besoin de beaucoup d’attention, et maman a déjà un bébé à gérer. Après, si tu veux prendre Ausra avec toi et laisser Nivis sur place…
– Ça me v—
– Hors de question. » les coupa Alda. « Les sac à puces ensemble, et ma puce avec moi. Non négociable. »

Ils n’avaient pas tardé à partir, quittant la capitale alors que le soleil se levait à peine. Jol s’était aussitôt écroulée dans le chariot, soupirant d’aise, les sacs de voyage lui servant de couchage.
« Enfin libérée des corvées ! » s’exclama-t-elle.
Élan, qui conduisait le chariot, tourna la tête vers elle.
« Je ne comprends pas pourquoi tu t’es infligée d’aider dans ce refuge si tu n’aimais pas les corvées.
– Personne n’aime faire le ménage. Ou pire, travaillé tard. Sauf Öta, mais il est bizarre.
–Quoi ? » fit Élan, perplexe. « Tu as vu Öta faire le ménage ?
–Oui pourquoi ?
– Et il a réussi à le faire sans se blesser ?
– … »

La liberté avait un prix, et prendre son animal avec soi aussi. Jol déchanta rapidement lorsque son chat décida que les sacs de voyage étaient une litière fort confortable.
« Il semblerait qu’au final, tu seras quand même de corvée de lessive ma chérie.
– C’est pas juste ! »

Durant les escales, les pauses à l’auberge pour boire, dormir et manger, Élan tenta à plusieurs reprises de discuter avec Léo. Mais l’homme était morose, silencieux, perdu.
« L’ami d’Öta n’est pas très bavard. » commenta Jol, un soir, après que Léo se soit éloigné pour rester seul.
Élan se frotta la nuque, mal à l’aise. Il n’était pas doué pour gérer ce genre de situations. Alda aurait été bien plus efficace que lui.
« Il a perdu son fils récemment. » répondit-il à voix basse. « Ce n’est pas facile.
–Perdu ? Mais Öta n’est pas parti à sa recherche ?
–Qui sait s’il est en vie, et si Öta parviendra à le trouver… »
Jol resta muette quelques secondes, avant de murmurer :
« C’est si triste…
– C’est pour ça que c’est important de discuter avec lui pour lui changer les idées. Je peux compter sur toi ? »
Aussitôt, elle releva la tête.
« Oui chef ! Mission acceptée ! »

Dès le lendemain, Jol se lança dans de nombreuses discussions avec l’homme qu’ils escortaient. Elle lui posa tant de questions, avec tant de joie et de bonne humeur que ce dernier ne put résister longtemps à lui répondre.
Même s’il devait souvent faire attention à ses mots, surtout lorsqu’il s’agissait de son travail. Pourquoi avait-il l’impression qu’au moindre mot de travers Élan allait lui faire regretter ?
« Vous avez l’air de bien vous entendre Léo et toi. » fit Élan quelques jours plus tard, tandis qu’ils se rapprochaient de Morthebois. « Je vous entends papoter toute la journée.
– Il est génial ! » s’exclama Jol. « Il a rencontré plein de gens, et il à plein d’histoires à raconter ! Je pourrais l’écouter pendant des heures ! »

S’il y avait bien une chose à laquelle Jol ne s’était pas attendue en décidant d’accompagner Élan et Léo à Morthebois, c’était à quel point ce voyage allait lui faire du bien.
Quitter GemmeNoire, laisser derrière elle la cité aux murailles de pierre noire pour reprendre la route aux côtés de son père avait été une véritable délivrance.
Elle se laissait bercer par le roulis du chariot, son chat blotti contre elle, tandis que les paysages défilaient sous leurs regards émerveillés.
Cela faisait si longtemps qu’elle n’en avait pas contemplé de semblables qu’elle réalisait, grâce à eux, combien la capitale l’avait oppressée. Elle était jusqu’alors prisonnière de la pierre et des ruelles sombres qui l’avaient pourtant autrefois fait rêver.
Mais ce qu’elle chérissait par-dessus tout, c’étaient ses longues discussions avec Léo. Au fil des jours, l’homme avait peu à peu retrouvé le sourire et la parole, et Jol buvait ses mots avec passion.
Car si au départ, elle s’était donné la mission de l’aider à se changer les idées, elle s’était vite rendue compte qu’il l’aidait tout autant à en faire de même.
Si bien que, lorsqu’une semaine plus tard, ils atteignirent Morthebois, elle fut surprise de constater à quel point le temps avait filé sans qu’elle ne s’en aperçoive.
Partie 2 - Morthebois


S’il y avait bien une visite à laquelle le seigneur Ëten le gris ne s’attendait pas, c’était celle d’Élan. Il n’avait pas revu l’herboriste depuis longtemps, et savait que ce dernier vivait actuellement à la capitale.
Il n’y avait aucune raison logique pour que l’homme décide de soudainement toquer à sa porte. Et pourtant, il la lui ouvrit avec plaisir, heureux de recevoir une visite aussi agréable qu’impromptue.
« J’osais espérer une visite de mon fils, mais soit… Elliot va vous préparer des chambres. Vous êtes évidemment les bienvenus. Nous discuterons des raisons de votre venue autour d’un bon repas.
– Merci. » fit Élan. « Je suis affamé !
– Le contraire m’aurait étonné de toi. Je me souviens que nos vivres diminuaient à vue d’œil lorsque tu vivais ici. » fit Ëten avec amusement. « Et qui sont les charmantes personnes qui t’accompagnent ? Je suppose que cette jolie demoiselle est la fameuse Jol dont tu nous as tant parlé ? Tu avais raison en vantant sa beauté sans pareille. »
Jol s’inclina poliment, les joues rosies.
« C’est un honneur de vous rencontrer, monseigneur. Votre fils n’a cessé de vanter vos mérites. »
Ëten lui sourit en retour, avant de se tourner vers Léo, qui était resté en retrait. Il haussa un sourcil et demanda :
« Et vous ? Qui êtes-vous ? »

Le temps parut se ralentir lorsque Léo se pencha en avant, un sourire charmeur au bout des lèvres, et prit la main d’Ëten.
« Léo, scribe au service des nobles qui souhaitent coucher leurs… désirs… sur le papier. » fit-il en plongeant son regard dans celui d’Ëten. « Même si, ces derniers temps, certaines passions ont su s’accaparer ma plume en privé. »
Ëten vira aussitôt au rouge, si brusquement qu’on aurait cru le voir bouillir. Il toussota, gêné, et bredouilla :
« B... bien, bien nous discuterons plus tard. Je… euh… je vais laisser Elliot vous montrer vos chambres. »
Et sur ces mots, il s’éloigna le plus vite possible à grandes enjambées. Léo se redressa, et haussa un sourcil en souriant.
« Hum. Il est plutôt mignon. »

Lorsqu’Elliot guida les visiteurs vers l’aile des invités, traversant cet immense domaine où David avait autrefois grandi, Léo ne put s’empêcher de ressentir l’angoisse et la peine revenir.
Il savait qu’Elliot était proche de David. Son fils n’avait pas tari d’éloges au sujet du serviteur, qu’il considérait comme un modèle, et qui l’avait énormément guidé dans sa vie.
Alors, pour toutes ces raisons, il éprouva le besoin de l’informer au sujet de sa disparition. Mais Elliot pencha la tête, ne semblant pas affecté, et répondit simplement :
« Je sais, je suis en charge de lire le courrier de mon seigneur avant de le lui apporter. J’ai lu la lettre d’Élan et Öta. C’est malheureux.
– Alors…
– Alors je crois Öta lorsqu’il affirme qu’il ramènera votre fils. De plus, David est un homme très débrouillard. Il n’y a pas de raison pour qu’il ne vous revienne pas entier. »
Léo s’arrêta, sentant les larmes perler au coin de ses yeux.
« Je…
– Faites confiance à David et Öta, et profitez de votre séjour ici. Et si vous souhaitez néanmoins noyer vos tracas dans l’alcool, monseigneur à d’excellents hydromels qu’il se fera un plaisir de partager avec vous. »
Après avoir guidé les visiteurs jusque l’aile des invités, et donné la consigne aux serviteurs sous ses ordres d’accueillir et de préparer les chambres, Elliot retrouva Ëten.
Ce dernier s’était reclus dans son salon, et noyait sa honte dans le vin.
« J’ai tellement honte. » gémit-il en se cachant le visage. « J’ai fui comme une demoiselle effrayée devant son premier amour. Que va-t-il penser de moi ? Oh, par Astre, je suis si ridicule.
– Monseigneur, selon ses dires, il à trouvé votre réaction “ mignonne ”. Il s’est retourné vers nous avec un sourire attendri. C’est un bon signe.
– Oh la la. »
Ëten attrapa son verre et le but d’une traite.
« Ne buvez pas trop, Monseigneur.
– Quoi ?
– Sachez que messire Léo attend avec impatience de déguster vos meilleurs hydromels. Nous avons évoqué ce sujet ensemble. » expliqua fièrement Elliot. « Je vous suggère de lui en servir ce soir et lui proposer de visiter votre cave. Parmi les romans que vous lui avez commandés, n’est-ce pas dans celle-là que se passe l’une de vos scènes de plaisir charnel préférées ? Cette visite sera un parfait sujet de discussion pour apprendre à vous connaître. »
Ëten reposa son verre et soupira profondément.
« C’est une idée horrible et excellente à la fois… » marmonna-t-il. « À ton avis, je devrais lui sortir quel hydromel en premier ? Celui de… ?
– Non, pas celui dont vous vous servez récréativement dans la scène, ce serait une tentative trop flagrante d’attirer son attention. Ni le plus coûteux. Mais il ne faut pas qu’il soit trop commun. Je vous conseille celui des sœurs de Ronseaule pour commencer.
– Je vous retourne le compliment, monseigneur. Vous me manquerez. »

« Monseigneur, je suppose que je dois cacher la petite à nos invités ? »
La réponse à cette question était évidemment affirmative. La petite dont parlait Elliot, Estelle, était un secret qui devait le rester.
Fille de David, née de son viol par l’ex-femme d’Ëten, elle était venue au monde malade et fragile. Le climat du Nord la tuait à petit feu.
C’était pour cette raison que d’ici peu, Elliot devait partir avec elle vers le Sud pour lui offrir une vie meilleure. Une vie où l’humidité, le froid, et l’hiver éternel nordan ne viendraient pas tourmenter cet enfant.
Un enfant innocent, dont David ignorait l’existence. Ëten refusait de faire porter le poids de cette naissance au jeune homme, qui avait coupé les liens avec son passé pour se reconstruire. Il n’était donc pas question que Léo, le père de David, la rencontre.
Mais c’était sans compter le destin, qui avait un drôle de sens de l’humour.
Lorsqu’Elliot se dirigea vers les chambres, pour vérifier que la petite était encore endormie, et s’assurer que sa chambre resterait bien fermée à clef, il eut la surprise d'en découvrir la porte grande ouverte.
Léo avait été plus rapide que lui.

« Messire, je ne veux pas vous sembler impoli, mais vous êtes dans ma chambre. Pourriez-vous… » commença Elliot en franchissant le seuil.
Léo se retourna lentement, les yeux brillants.
« Elliot… c’est ma petite-fille, n’est-ce pas ? »
Le serviteur s'arrêta et le silence tomba. La pièce sembla se rafraîchir d’un coup.
Elliot hésita une seconde, se demandant s’il devait mentir, mais capitula devant le regard de Léo. Ce n’était pas une question qu’il lui avait posé. C’était une affirmation.
« Oui. » répondit Elliot.
Léo ferma les yeux. Un souffle trembla entre ses lèvres.
« Je l’ai deviné au premier regard. Elle ressemble tellement à David et à Elen quand ils étaient petits. »
La petite, qui habituellement avait peur des visiteurs, ne semblait pas gênée par la présence de Léo. Elle attrapa l’une de ses mèches de cheveux avec curiosité. Léo laissa échapper un rire brisé.
« Comment s’appelle-t-elle ?
– Estelle.
– Estelle ? » répéta Léo.
Ce nom avait une consonance familière qui le fit frissonner. Elliot le perçut et expliqua :
« Ëten avait hésité à la nommer Esther, en l’honneur de sa grand-mère. Mais il avait peur que ce soit un poids trop lourd à porter, alors il l’a nommée Estelle. Semblable, mais différent. »
Léo porta les mains à sa bouche, la surprise et l’émotion se lisant dans ses traits.
« Estelle… c’est un beau nom. » murmura-t-il. « Ma douce Esther aurait adoré. »

Jol avait écouté l’échange entre Elliot et Léo avec l’impression de ne pas être à sa place.
Que se passait-il ?
Pourquoi la petite-fille de Léo se trouvait-elle dans le domaine de Morthebois, et pourquoi l’homme semblait découvrir son existence ?
Tandis que les deux hommes discutaient à voix basse, Elliot parlant de maladie, de voyage, de secrets, sous le regard de plus en plus surpris et troublé de Léo, elle chercha à s’éclipser pour leur laisser un peu d’intimité.
Mais lorsqu’elle voulut prendre son chat pour partir, ce dernier n’était plus près d’elle.
Elle le chercha du regard, et le trouva finalement aux côtés d’Estelle. Sur le lit d’Elliot, la petite rigolait doucement pour repousser, tandis que le chat se frottait à son visage.

« Nivis ! » siffla Jol, oubliant durant un instant que sa chatte était sourde.
Si ladite Nivis n’offrit aucune réaction, continuant de réclamer de contact de l’enfant, Jol avait néanmoins attiré l’attention des deux adultes de la pièce, qui s’étaient tut et regardaient maintenant la scène avec intérêt.
Jol attrapa son chat, dans le but de la déposer sur ses épaules comme elle le faisait souvent, mais Nivis s’accrocha aux draps pour rester près de l’enfant.
« Hé ! Qu’est-ce que qui te prend ? » s’énerva-t-elle, embarrassée de se donner ainsi en spectacle
Pourquoi Nivis réagissait-elle ainsi ? Les joues roses de honte, elle voulut s’excuser, mais Elliot sourit et posa une main sur son épaule.
« Tu me permets ? » fit-il.
Il s’approcha et s’accroupit devant le lit.
« Nivis. »
Il tendit la main et aussitôt, comme si elle l’avait entendu, le petit chat blanc se désintéressa d’Estelle pour se diriger vers lui. Elliot en profita pour l’attraper, et la fourrer dans les bras de Jol.
« Et voilà. C'est un très beau félin magique que tu as là. Il est en partie Nahr, pas vrai ? »

Lorsque soudain, Elliot et Jol se mirent à parler d'une race de chats sensibles à la magie, les « Nahr », Léo se sentit légèrement dépassé par la tournure de la conversation.
S’asseyant sur le lit, aux côtés de la petite Estelle, il les regarda discuter. Que ce soit l’un ou l’autre, il était évident qu’ils aimaient ces animaux, car la passion et l’affection brillaient dans leurs yeux.
« Alors comme ça tu es populaire même auprès des chats magiques du sud ? » souffla Léo à la petite Estelle.
Cette dernière se cacha derrière sa poupée, ses grands yeux ambrés fixés sur l’homme, et répéta :
« Cha ! »
Léo gloussa, amusé. Il allait ajouter quelque chose lorsqu’il entendit le nom d’Estelle. Il releva la tête pour écouter la discussion.
« Pourquoi Nivis s’accrochait à Estelle ? Hum. Vu que tu es la fille d’Élan, je peux t’en parler sans risque. » murmura Elliot pensivement, avant d’ajouter : « C’est parce qu’elle à du sentir la magie de la petite.
– Elle est magique ? » souffla Jol, surprise. « À cet âge-là ? Ce n’est pas censé de manifester plus tard ?
– Si. » sourit Elliot, « C’est juste quelques poussées un peu aléatoires. Un œil extérieur ne saurait le voir, mais j’ai une bonne connaissance de la magie blanche et j’avais déjà vu ça avant, donc ça m’étonne pas.
– Vous aviez déjà vu ça avant ?
– Oui. Quand David est venu vivre au domaine, il lui arrivait aussi d’avoir ce genre de petites poussées. »

Léo ne s’attendait pas à ce que le nom de David soit associé à la magie. Il se leva aussitôt, surpris et troublé :
« Que… QUOI ? Comment ça ? »
Tous les regards se tournèrent vers lui.
« Mais il n’est pas… ce n’est pas… David, magique ? » balbutia-t-il. « Tu dois te tromper. Si c’était le cas, ça se saurait ? »
Elliot hocha doucement la tête.
« Il était tout petit. Tu sais qu’il a reçu l’encrage des mages ? Ce triangle tatoué qui ne se dévoile que si la personne utilise la magie ? » répondit Elliot avec amertume. « Une de ces trop nombreuses traditions nordantes qui ne mériteraient pas d’exister.
– Oui, il me l’a dit. Il déteste ça. » soupira Léo, avec un regard approbateur face au dégoût d’Elliot.
Ils partageaient la même vision, la même répugnance face à cette pratique honteuse qui impliquait de tatouer de force tous ceux qui avaient enfreint la loi au moins une fois, ainsi que les esclaves et serviteurs selon le bon vouloir de leurs maîtres. L’encre était invisible, ne se dévoilant que s’ils utilisaient la magie.
« Alors vous savez qu’il aurait vite été exécuté si la marque était apparue. » continua Elliot, son regard alternant entre Jol et Léo. « C’est pour cette raison que j’ai… disons que j’ai fait le nécessaire pour que ça n’arrive pas.
– Tu as…
– Juste un sort pour bloquer temporairement sa magie. » se défendit Elliot. « Et ensuite, à force de ne pas entretenir ce don, les petites poussées ont disparu. Sans compter que je lui ai appris avec à se retenir. J’étais assez… intransigeant à ce sujet. »
Les yeux écarquillés, Léo porta les mains à sa bouche. Il murmura :
« Il ne m’a jamais parlé de ça. Je savais qu’il avait la marque, mais…
– Je ne pense pas qu’il s’en souvienne. Il était très jeune, et c’était assez traumatisant. Et dans un royaume qui interdit la magie, ce n’est pas plus mal.
– Il est facile de contourner le système et de pratiquer en secret quand nous ne sommes pas marqués, mais pour ceux qui comme lui sont marqués à vie, il vaut mieux en rester éloigné. » murmura Jol. « Le pauvre. »






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